lundi 29 janvier 2018

Haïti : cinquième jour

Vendredi 21 avril : 5e jour

Aujourd’hui nous décidons de séparer le groupe en deux, je pars avec les plus à l’aise dans la progression sur corde tandis que les autres retournent à la falaise avec Jeff, Olivier et sous le regard de l’appareil photo de Serge.
L’objectif pour mon groupe est d’atteindre le réseau inférieur par le puits des chauves-souris, un magnifique P30 plein vide. Ce n’est pas gagné car je connais encore mal le réseau et il va falloir chercher un peu pour trouver le fameux passage.
Avant le petit déjeuner nous préparons les cordes et le reste du matériel collectif.
Je commence cette sortie par un cours sur le portage de kits (sacs de spéléo), je leur fais bien comprendre que ce truc pénible à porter et nécessaire à la progression, je leur explique également que dans mon club, en France certaines personnes les insultent de tous les noms possible. Au final je les ai trouvé très à l’aise et respectueux du matériel !



Nous partons ensuite en direction des galeries de la grotte. Après de longues minutes à ramper, douter et espérer, je trouve enfin le fameux toboggan de 20 mètres qui tombe sur le puits des chauves-souris. J’ai même cru faire un peu de première à un moment car je me suis faufilé dans une bonne étroiture avec un léger courant d’air pendant quelques mètres, mais les éclairages des équipiers restés en arrière m’ont fait comprendre que j’étais revenu sur mes pas. Il y a encore de la belle première à faire dans cette cavité, en février dernier Olivier a découvert une nouvelle galerie avec de bonnes dimensions, donc oui j’y ai cru...
 J’équipe le puits rapidement sans trop de difficultés, je comprends vite pourquoi les chauves-souris. En effets les chauves-souris s’élancent dans le puits à une vitesse incroyable, ouvrant leurs ailes au dernier moment dans un bruit assourdissant. C’est un spectacle auditif impressionnant, on les voit qu’au dernier moment. Dans la descente, elles nous rasent de très près, comme si elles nous disaient qu’on était chez elles en nous déstabilisant, je n’ai jamais rien vu de tel. Certaines études ont prouvé que les chauves-souris sont bien meilleures en vol que les oiseaux grâce à leurs phalanges et leur sonar naturel qui leur permettent de se déplacer avec fluidité. D’ailleurs c’est la chauve-souris qui détient le record de vitesse en vol.



Les haïtiens sont aussi impressionnés que moi, d’autant plus que c’est la première fois qu’ils sont confrontés à un puits de 30 mètres plein vide. J’ai vraiment peur qu’ils lâchent la corde pendant la descente à cause des chauves-souris qui plongent dans le puits à grande vitesse, mais je sous-estime leurs sang-froid. De toute façon, vu l'épaisseur de la corde et son poids, ils n'iront pas bien loin..
Tous s’élancent avec plus ou moins d’appréhension dans ce magnifique puits. Une fois l’équipe au sol, je sors la topo de ce réseau et je les initie à la lecture de carte avec la boussole.
Nous prenons la direction de la galerie au nord, vers la «bat room ».



On bout de quelques mètres mes yeux s’arrêtent sur une chose hallucinante  !!! A mes pieds se trouve une tarentule /mygale marron, noire et poilue, la dernière que j’ai vu c’était dans les reportages animalier. IMPRESSIONNANT !!!! Je pensais vraiment ne pas tomber sur ce genre de chose. Elle est de bonne taille, elle dépasse la taille de ma paume de main, je m’approche pour faire quelques photos, je demande à quelqu’un de mettre sa main à coté pour avoir une échelle de mesure, bien évidemment on est tous pas serein.. Du coup je mets mon pied à coté pour la photo. Sa vitesse de déplacement est impressionnante aussi, ça me fait d’ailleurs sursauter, ce qui fait rire l’assemblée ! En règle générale je n’ai pas peur des bestioles, mais là c’est juste hallucinant ! Nous continuons notre chemin, on en croise encore deux ou trois au passage.

La tarentule (mâle) 


 Nous arrivons enfin à l’entrée de la chambre des chauves-souris, et là, quel spectacle, des milliers de mammifères volants en vol dans un bruit indescriptible. Il y a tellement d’individus ici, que le guano au sol est linéaire et on s’enfonce jusqu’à mi mollet. D’après Olivier, il estime à 3000 individus dans la salle, sachant qu’il y a encore une salle dernière. En 2009, son équipe avait recensé 50 000 individus dans cette partie de la grotte.

Chauve-souris (je sais plus son nom)


L’odeur est assez prononcée mais le détecteur de CO2 ne bronche pas, c’est plutôt une bonne nouvelle connaissant les effets nocifs du guano. Par précaution, je préfère faire demi-tour afin d’explorer les autres galeries. Les volumes sont somptueux, le calcaire est d’un beau blanc sculpté. Le sol est plat, mais très argileux, on s’enfonce pas mal par endroit. On sent également le peu de passage dans ce réseau, d’après Olivier, seulement une vingtaine de personnes sont passées par là, j’essaye donc de sensibiliser au max mon équipe pour limiter les traces de notre passage.
Il est 14h, je décide d’entamer la remontée, avec cette chaleur elle va être transpirante, il fait 26 degrés dans la grotte, avec très peu de courant d’air. Même sans bouger on a chaud…
La progression se fait bien mais on a l’impression de sortir de la piscine tout habillé. Je reste en tête de puits pour m’assurer de la bonne mise en œuvre des consignes de sécurité. Ce n’est pas encore naturel pour eux de faire confiance au matériel, mais ça commence à venir.
Nous sortons vers 16h30, sous une petite pluie rafraîchissante.
Je félicite le groupe car je trouve qu’ils ont vraiment assuré durant toute la sortie. Ils ont un bon physique et un bon rapport poids puissance, ce qui est un très gros avantage en spéléologie.

Nous rentrons au village pour clôturer cette première semaine de stage. Ce week-end c’est repos, mais ça s’annonce mal, la pluie s’intensifie d’heure en heure. Nous restons coincés sous la bâche de la salle à manger pendant 2h. Nous décidons à bout d’un moment à retourner à la maison à pieds. Les rues du village se transforment en torrent, ça ravine la terre et les galets, les 10 min de marche ont suffi à nous tremper de la tête aux pieds.

La journée se termine par une bonne douche, comme à son habitude froide, mais ça passe bien avec la chaleur.

dimanche 28 janvier 2018

Haïti : quatrième jour

C'est dimanche, deux articles pour le prix d'un !


20/04 : 4e jour

Aujourd’hui journée en falaise, et plus particulièrement techniques de remontée sur corde. Après un gros petit déjeuner, j’attaque l’équipement de la falaise pendant que Jeff donne les consignes.
Les écarts de niveaux se font sentir, 5 ou 6 stagiaires sortent du lot.

J’ai pu commencer dans l’après-midi avec ce groupe les techniques de conversions et de passages de nœuds. C’est un réel plaisir de les former. Même si certains profitent de glander le plus possible, d’autres sont volontaires et demandent qu’à apprendre. Le rythme est assez soutenu, mais à 15h le groupe commence à fatiguer et je le comprends très bien. Quand la technique n’est pas parfaite, on s’épuise très vite dans ce genre d’exercice. Nous redescendons tranquillement vers le village pour terminer la journée.



David, un des stagiaires nous a montré sa maison sur le retour. Il vit avec sa famille dans une habitation extrêmement précaire, un mur à moitié détruit et des bâches pour couvrir le reste de sa maison, celle-ci a été rasé récemment comme beaucoup d’autres ici. Ça bouscule pas mal notre façon de vivre et surtout de réaliser la chance qu’on peut avoir de vivre en France ou dans un pays dit développé.



Ce soir Olivier est revenu accompagné de Serge, un spéléo photographe, reporter pour les magazines de montagne et surtout ceux de spéléo, un passionné avant tout comme beaucoup d’entre nous. J’ai souvent entendu parler de lui depuis que je fais de la Spéléo et là je le rencontre en vrai. Il est très sympathique et aime bien rigoler. J’aime beaucoup le personnage d’autant plus qu’il est également dans le milieu de l’éducation populaire comme moi. C’est un vrai baroudeur, Il revient à peine des deux mois d’expédition en Patagonie qu’il est déjà ici avec nous à Haïti ! Nous passons la soirée à discuter des explorations, voyages et expéditions spéléo de chacun autour d’un bon petit rhum.

Haïti : troisième jour

19/04 : 3e jour

Ce matin, je reçois un coup de fil d’Olivier qui est retourné à Port au Prince deux jours pour récupérer Serge, notre photographe : «bon, on a un souci, le maire du village de Port à Piment n’est pas au courant du stage il veut nous rencontrer ce matin à 9h et il n’est pas content ». Eliovil, nous accompagne Jeff et moi à la petite mairie du village, le maire nous reçoit dans un bureau digne de l’union soviétique. On a l’impression qu’on va subir un interrogatoire musclé.. Je vous rassure, ce n’est pas le cas. Je laisse Jeff prendre la parole pour expliquer la situation et les objectifs du stage de la fédération française de spéléo. Jeff s’en sort à merveille, et le brosse dans le sens du poil pour flatter son égo.

La journée continue et nous partons en direction de la grotte pour faire une traversée croisée avec Jeff. Grotte cactus – Marie Jeanne pour moi et le contraire pour le groupe de Jeff. Je commence à équiper le gouffre en évitant les énormes cactus (ça porte bien son nom), Eliovil se charge d’élaguer les grosses branches qui penchent au-dessus de ma tête pour les placer à l’extérieur du trou. Le but de l’exercice aujourd’hui est de mettre en application les techniques de descente en rappel en situation réelle. Je démarre la main courante dans une lunule au milieu d’un rocher afin d’atteindre l’arbre qui penche au milieu du vide. Je fractionne avec les deux broches et c’est parti pour 7 à 8 mètres plein vide. L’exercice est très long mais se déroule correctement, la mise en place du descendeur n’est pas encore acquise pour tout le monde. Nous retrouvons l’équipe de Jeff un peu plus bas dans les galeries, nous continuons ensemble les exercices sur un puits d’une dizaine de mètres, je me place en haut et Jeff en bas. Au bout de deux ou trois passages chacun nous regagnons la sortie comme prévue.





J’ai l’impression de me retrouver avec les rasta rockets haïtien de la spéléologie, ils sont vraiment très drôles. Même au bout de leur vie ils gardent le sourire et mettent la petite musique d’ambiance sur leur téléphone et même sous terre.

Je commence à prendre le rythme ici, les premiers jours furent assez difficile, le temps de supporter la chaleur, le décalage horaire et aussi les horaires des repas. Mon genou quant à lui se porte bien, il dégonfle de jour en jour et me fait moins mal, c’est une bonne chose car je craignais vraiment l’infection et l’immobilisation totale.


Encore une bonne journée qui prend fin !

samedi 27 janvier 2018

Haïti : deuxième jour de stage

Mardi 18/04 : 2e jour

Objectif du jour : savoir mettre un baudrier et maîtriser la descente en rappel.

Avant le brunch, nous expliquons aux stagiaires la mise en place et le réglage du baudrier. Nous les laissons expérimenter dans un premier temps et nous leur venons en aide ensuite. Nous privilégions une approche par tâtonnements plutôt que de longs discours, même si cette étape est nécessaire pour comprendre les règles de sécurité liées à la progression sur corde. Une fois l’exercice accomplie nous prenons le copieux petit-déjeuner, un mélange de polenta, avec du foie et des sardines, servi avec des ananas et de la pastèque. Pour ceux qui connaissent mes goûts culinaires je vous laisse imaginer mes grimaces. Mais bon il faut s’y faire le prochain repas n’est qu’à 18h, donc je mange la polenta avec mon café et les fruits laissant mes camarades se régaler avec le foie et la sardine…






On se reparti en deux groupes et nous nous dirigeons vers la falaise équipée par Olivier la semaine dernière. J’explique l’utilisation des longes sur une main courante/ligne de vie et je les laisse pratiquer sur le petit parcours installé par Olivier. Après deux ou trois passages, je me lance dans les explications sur le descendeur. Mon approche est la même qu’avec les enfants et ça marche plutôt bien, je leur montre la clé d’arrêt et c’est parti pour un tour sur le parcours avec cette fois ci une descente en rappel sur le plan incliné final.
                                                        

Le site est quant à lui magnifique, nous sommes à l’entrée d’une baume (grotte) qui surplombe le petit village de Port à Piment. Quelques chèvres viennent nous rendre visitent, profitant du porche de la grotte pour se protéger de la courte averse.
C’est sous le regard curieux d’une chouette, perchée sur son rocher, que nous continuons les exercices.


Après un long moment à refaire les ateliers, nous passons à l’épreuve finale de la journée. Le but étant de s’élancer sur une vire/main courante aérienne et descendre un rappel d’une dizaine de mètres plein vide. L’exercice à 2 mètres du sol c’est une chose, mais à 10 mètres s’en est une autre. Les plus téméraires se lancent en premier, je reste en tête de falaise pour m’assurer de la bonne mise en place du descendeur et pour les contre assurer en cas de problème. Je sens toute la terreur en eux, ça se voit physiquement, certains tremblent de peur accrochés à dix mètres de haut. Ils comprennent maintenant pourquoi on appelle la main courante ligne de vie ! Tous descendent avec appréhension mais dans l’ensemble l’exercice est assimilé. Ils me font, pour certains, quelques frayeurs en retirant la clé du descendeur et en oubliant de bloquer la corde avec la main droite. Mais globalement je suis satisfait et je sens qu’une cohésion de groupe se met en place. Ils encouragent le collègue qui descend et l’applaudissent une fois les pieds au sol.
Notons également au passage, que de ma position accrochée au-dessus du vide à observer les faits et gestes de chacun, je me suis pris une bonne averse tropicale sur la figure. N’allez pas croire que se fût déplaisant, bien au contraire, avec cette chaleur étouffante une petite douche était bienvenue !


Vers 16h nous plions bagage, nous retournons dans la petite cour du restaurant et je continu avec un cours de nœuds et quelques explications sur la formations des grottes et des chauves-souris. Mes explications sur les chauves-souris on surtout eu pour but de leur faire comprendre que ce mammifère volant n’est pas l’évolution de la souris, il m’a fallu 15 bonnes minutes pour les convaincre !!
«Mais Mr Alexandre…, je ne comprends pas, le papillon, c’est bien l’évolution de la chenille ??? » « Non les gars, ce n’est pas vraiment la même chose ! » c’est très dur de ne pas rire et de donner des arguments convaincants.

Un autre problème se pose également, ils sont tous très croyant (catholiques, témoins de Jehova, protestants…), forcement quand on parle de la création des grottes qui mettent plusieurs millions d’années à se former, ça remet en question la création de la Terre en 7 jours. Bref, ils ont commencés à se disputer en créole et on a préféré en rester là.

vendredi 26 janvier 2018

Haïti : premier jour du stage

Lundi 17 avril 2017 : premier jour du stage

Le petit-déjeuner (brunch du coup), n’étant qu’à partir de 9h, nous attaquons à 8h notre premier cours de la semaine : mettre un casque ! Ne rigolez pas, c’est un exercice pas évident ! La pédagogie est simple, on leur donne le casque et ils expérimentent. Ça marche plutôt bien. Une fois l’exercice assimilé, on se familiarise avec les lampes. Il arrive le temps de manger une bonne plâtrée de pâtes saucisses avec le café et le jus de fruits frais et nous partons visiter la grotte Marie Jeanne.


Marie Jeanne est une très belle grotte, c’est aussi la plus grande du pays. Elle est un peu exploitée par la mairie pour le tourisme, Eliovil est le guide principale. Nous faisons un bon tour dans la grotte afin de nous orienter et d’initier les stagiaires qui n’ont jamais mis les pieds sous terre. Tout le monde est à l’aise dans la progression, mais il fait une chaleur horrible dans cette cavité, la progression est fastidieuse et je cherche tant bien que mal à trouver les courants d’air pour me rafraichir. Ça change vraiment de nos grottes en France. Jeff souffre autant que moi, c’est vrai que ça change du réseau de la Pierre St Martin dans les Pyrénées où il fait très froid en règle générale.

  



Au bout de trois bonnes heures sous terre, le groupe se fatigue et nous fait comprendre qu’il est temps de sortir. A leur décharge, il est vrai qu’on se déshydrate très vite et nous n’avons pas assez d’eau pour rester plus longtemps. Le repas du matin étant bien loin aussi, nous décidons de faire demi-tour.

Topo simplifiée de la Grotte Marie-Jeanne :



Le Petit Renard à Mobylette, Saint Vallier, 14 Janvier 2018

  ** Diaporama et Compte rendu pour compléter le Making Off publié précédemment:

Heure d'entrée: Midi
Heure de sortie: 19h00
TPST: 7 heures
Profondeur: - 100 mètres

Participants : Alex, Denwal, Katia, Sybil, Sonia.

Après un démarrage difficile - réveil loupé, achat de piles en dernière minute, mal des transports... - nous voilà enfin partis pour Saint Vallier, où nous allons visiter le Petit Renard à Mobylette, en substitution à notre sortie sur l’Épave initialement prévue.
Objectif du jour: Formation équipement/déséquipement afin de rendre autonomes Sybil et Denwal pour leur prochaine sortie.

Devant la grille d'entrée, un crachin vient chuchoter à Alex qu'il est temps de mettre fin à ses précieuses explications et recommandations et accompagne Denwal dans sa mise en place de l’amarrage d'entrée de trou; ce qui nous pousse Sybil et moi à aller nous réfugier dans la voiture, jusqu'à ce que nous puissions commencer la descente. Katia elle, vêtue d'une Texer reste campée à l'entrée de la cavité.

Il est midi passé et j'ai déjà mangé plus de la moitié de mon casse-croute quand je déverrouille mon descendeur.

Les temps de réflexion nécessaires pour équiper de la meilleure façon les mains courantes et sorties de puits sont converties à ma grande satisfaction en séances de prises de vue, et mes deux compagnes d'exploration se révèlent mes alliées dans la mission de capture d'images :)

La descente du P70 est tout simplement splendide. Pendue au bout de ma corde, je tente quelques clichés à mi parcours : flous, forcement, étant donné les imperceptibles bien que réels mouvements liés à la loi de la gravité auxquels je suis soumise: balancier, rotation, yoyo...

Mais il faut se hâter car j’aperçois au fond du gouffre des volutes de fumée générées par Alex, frigorifié, qui s'est réfugié avec son camarade sous la couverture de survie pour se sécher à la chaleur d'une bougie artisanale.

Je ne reviendrai pas ici sur le passage de la chatière... le Making Off publié précédemment contenant des images suffisamment explicites à ce sujet :-)

Nous arrivons enfin aux abords du P30, et là, comme nous le présupposions, il y a effectivement pas mal d'eau. L'entrée de puits forme une bouche relativement étroite et arrosée dans laquelle il faudrait s'aplatir pour poursuivre. Denwal, fort d'indéniables talents d'architecte, édifie différents barrages d'argile afin de détourner le ruissellement de l'eau. Malgré son ingéniosité, nous restons tous indécis et nous perdons en tergiversations. Seule Katia poussée par la curiosité, franchira cet obstacle en éclaireuse, effectuant un aller-retour jusqu'à pouvoir observer le départ du puits.

On attaque la remontée dès sa réapparition.

Le réglage sur mesure de ma pédale optimise grandement mon rendement et me permet de gravir les mètres verticaux avec beaucoup plus d'efficacité (merci Alex), tandis que Sybil procède au déséquipement en fermant la marche.

Mon Dieu! 19 heures déjà... Comme d'habitude nous n'avons pas vu le temps passer. Notre expédition s'avéra plus chronophage que prévu mais en valait largement le coup. Voici donc comment une journée qui commença par une franche inertie se transforma en une sortie à la fois belle et formatrice. 

De retour au club dans nos équipements quasiment immaculés, nous serons dispensés de nettoyage cette semaine :-)

Sonia M

Diaporama:


jeudi 25 janvier 2018

Haïti : arrivée à Port à Piment

Dimanche 16 avril 2017 : Arrivé à Port à Piment

Nous attaquons cette journée par un copieux petit-déjeuner / brunch, dans notre hôtel de Port aux Princes.
Il faut s’y faire, ici à Haïti on mange le matin et le soir, donc on charge le petit déjeuner !

Nous quittons notre charmant petit hôtel de port au prince pour prendre la route vers Port à piment. La route se fait au rythme effréné d’Olivier, qui au volant du land Cruiser, connait toutes les subtilités de la conduite haïtienne et ça fait peur..
Nous traversons les différents villages qui bordent la route, le spectacle est le même partout, des maisons en ruines, des déchets et énormément d’arbres arrachés.. C’est cette partie de l’île qui a le plus souffert du cyclone Mattheus en octobre 2016.
Au bout des 6h de route nous arrivons enfin dans ce petit village côtier. Nous garons la voiture au milieu du village et nous laissons Olivier négocier les prix pour les hébergements.. Pas simple apparemment car ici malgré la grande pauvreté ambiante, la nuit à hôtel est hors de prix (entre 50 et 100 dollars américains).
Après une bonne heure de recherche, Olivier revient avec le sourire ! Il a trouvé un prix correct pour le budget du stage.

Le village quant à lui est presque indescriptible, on se croirait dans un village qui a subit la guerre, beaucoup de maisons sont encore en ruines et pour les autres en partielle reconstruction. Quelques maisons dont notre hébergement ont pu être reconstruite entièrement, mais ça reste vraiment impressionnant et les conditions rudimentaires. On peut néanmoins imaginer la beauté du village avant sa destruction, certaines maisons sont très colorées et de nombreuses peintures sur les murs parlent de paix et de Dieu.



Cependant malgré la pauvreté et les paysages déchiquetés, les habitants sont très agréables et souriants. Ils sont vraiment gentils et tous bien habillés. Nous avons assisté à un match de foot qui a réuni une bonne partie du village avec une ambiance musicale et détenue. Un petit groupe d’enfants est venu pour jouer avec nous, leur objectif était de nous toucher sans se faire voir.

Ce weekend c’est pâque, toute la ville est sur son 31, apparemment c’est la fête la plus importante du pays, car ici la religion principale est le catholicisme et cette fête correspond à la résurrection du Christ.

Après nos déambulations dans les petites ruelles de terre de port à piment, nous accueillons nos stagiaires. Ce fut un grand moment épic, ils sont arrivés en moto, équipés de protections de la tête aux pieds, ce qui est exceptionnel car ici tout le monde roule sans casque. Le plus drôle arrive, avant le repas, je leur ai posé la question pour savoir pourquoi ils étaient là, et forcément ils ne le savent pas : «on nous a dit de venir c’est tout ! » quelques-uns connaissaient Mr Olivier, et « Mr Olivier va dans les grottes, on veut voir ! ». Certains sont très intimidés, ils n’ont jamais parlé à des blancs. Pour d’autres c’est une semaine où il y a à manger tous les jours, ils m’impressionnent avec leurs assiettes pleines à ras bord. D’autres encore découvrent une chambre d’hôtel plus que rudimentaires pour nous mais grand luxe pour eux, certains découvrent carrément les toilettes…

Quatre ou cinq d’entre eux sont déjà guide dans la grotte Marie Jeanne dont Eliovil, l’homme de confiance d’Olivier, mais la plupart des participants sont agriculteurs, ébénistes ou éleveurs. Ils y a aussi trois étudiants en agronomie. Quelques-uns parlent à peine français.



En ayant en tête tous ces éléments, il va falloir vraiment adapter notre pédagogie si on veut se faire comprendre, il faudra donc oublier les grands discours et aller directement à la pratique. A noter également, qu’ils ne diront jamais qu’ils n’ont pas compris, ce qui peut poser problèmes en spéléologie.

C’est donc avec toutes ses infos et après un bon repas que nous partons nous coucher.